💥 Et si notre système fiscal était… sexiste ?
« Le droit fiscal n’est pas sexué dans la forme — mais il reste sexiste dans le fond. »
Parler du “sexe de l’impôt”, est-ce si incongru ?
Pas du tout.
Si le droit postule la neutralité, l’analyse de ses effets concrets — en l’occurrence ceux du Code Général des Impôts (ah, le fameux CGI !) — révèle des angles morts majeurs.
Car la fiscalité, dans ses mécanismes mêmes, n’est pas neutre vis-à-vis de l’égalité entre les femmes et les hommes.
Trois exemples parlants évoqués par Lise Chatain :
Le prélèvement à la source (2018)
Le législateur a choisi de conjugaliser les taux de prélèvement plutôt que de les individualiser.
Résultat : la personne aux revenus les plus faibles (souvent la femme ) s’est retrouvée à supporter une part disproportionnée de l’impôt.
Depuis septembre 2025, la conjugalisation est enfin optionnelle. Une avancée bienvenue.
La fiscalisation des pensions alimentaires
97 % des pensions sont versées à des mères. Le montant moyen pour un enfant mineur ? 190 € par mois, bien en dessous de la référence du ministère de la Justice et des 700 € estimés par l’OCDE pour le coût mensuel d’un enfant.
Jusqu’à récemment, cette pension devait en plus être réintégrée dans le revenu imposable du parent qui la percevait. Les discussions du PLF 2026 laissent espérer que cette injustice fiscale touche bientôt à sa fin.
La TVA sur les produits d’hygiène féminine
Jusqu’aux années 2000, ces produits n’étaient pas considérés comme de première nécessité et ne bénéficiaient donc pas du taux réduit de 5,5 %.
C’est grâce à la ténacité de la députée Catherine Coutelle que la TVA a enfin été abaissée. Une victoire symbolique, mais qui en dit long.
Nous avons également évoqué les questions de patrimoine, de succession et plus largement de transmission des inégalités économiques entre les sexes.
En conclusion, Lise Chatain nous a fait cette recommandation : “Il faut parler d’argent.
Parlez d’argent quand vous vous mettez en couple, quand vous vous mariez.
Parlez d’argent à vos mères, à vos sœurs, à vos filles.”
Ca tombe bien! Chez GEF, nous comptons poursuivre ce travail essentiel : ouvrir la discussion sur l’argent, le pouvoir, et l’égalité réelle.


