𝗤𝘂𝗲𝗹𝗾𝘂𝗲𝘀 𝗲𝗻𝘀𝗲𝗶𝗴𝗻𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁𝘀 𝗰𝗹𝗲́𝘀 𝗱𝘂 𝘄𝗲𝗯𝗶𝗻𝗮𝗶𝗿𝗲 𝗮𝘃𝗲𝗰 𝗗𝗲𝗹𝗽𝗵𝗶𝗻𝗲 𝗢 : 𝗽𝗼𝘂𝗿𝗾𝘂𝗼𝗶 𝗹𝗮 𝗱𝗶𝗽𝗹𝗼𝗺𝗮𝘁𝗶𝗲 𝗳𝗲́𝗺𝗶𝗻𝗶𝘀𝘁𝗲 𝗲𝘀𝘁 "𝘂𝗻 𝘀𝗽𝗼𝗿𝘁 𝗱𝗲 𝗰𝗼𝗺𝗯𝗮𝘁"?
1️⃣ 𝗗’𝗼𝘂̀ 𝘃𝗶𝗲𝗻𝘁 𝗹’𝗶𝗱𝗲́𝗲 𝗱𝗲 𝗱𝗶𝗽𝗹𝗼𝗺𝗮𝘁𝗶𝗲 𝗳𝗲́𝗺𝗶𝗻𝗶𝘀𝘁𝗲 ?
La conférence de Pékin en 1995 a marqué un tournant historique—avec l’inscription des droits des femmes dans les droits humains et la célèbre déclaration “𝑊𝑜𝑚𝑒𝑛’𝑠 𝑟𝑖𝑔ℎ𝑡𝑠 𝑎𝑟𝑒 ℎ𝑢𝑚𝑎𝑛 𝑟𝑖𝑔ℎ𝑡𝑠”—et c’est en Suède, en 2014, qu’est née l’expression diplomatie féministe.
Son objectif ? Rendre opérationnelle l’ambition formulée à Pékin : intégrer systématiquement l’impact sur les femmes et l’égalité de genre dans toutes les actions de politique étrangère (sécurité, commerce, climat, aide, culture…).
2️⃣ 𝗗𝗶𝗽𝗹𝗼𝗺𝗮𝘁𝗶𝗲 𝗳𝗲́𝗺𝗶𝗻𝗶𝗻𝗲 𝗼𝘂 𝗱𝗶𝗽𝗹𝗼𝗺𝗮𝘁𝗶𝗲 𝗳𝗲́𝗺𝗶𝗻𝗶𝘀𝘁𝗲 ?
La diplomatie féministe ne se réduit pas à augmenter le nombre de femmes ambassadrices ou négociatrices.
➡️ Ce n’est pas “une diplomatie par les femmes pour les femmes”.
➡️ C’est une diplomatie qui vise à défendre les droits des femmes dans le monde entier. En France, cette orientation structure notre politique extérieure depuis six ans : c’est écrit dans nos textes stratégiques et dans nos engagements internationaux.
3️⃣ 𝗨𝗻 𝗯𝗮𝗰𝗸𝗹𝗮𝘀𝗵 𝗿𝗲́𝗲𝗹 𝗲𝘁 𝗼𝗿𝗴𝗮𝗻𝗶𝘀𝗲́
Contrairement aux idées reçues, nous ne progressons plus continuellement.
Depuis quinze ans, on observe une stagnation, voire des régressions — notamment sur les droits sexuels et reproductifs.
Quelques faits marquants :
𝐀𝐮𝐱 𝐄́𝐭𝐚𝐭𝐬-𝐔𝐧𝐢𝐬, 𝐩𝐫𝐞̀𝐬 𝐝𝐞 𝟓𝟎 % 𝐝𝐞𝐬 𝐟𝐞𝐦𝐦𝐞𝐬 𝐧’𝐨𝐧𝐭, 𝐝𝐞 𝐟𝐚𝐢𝐭, 𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐚𝐜𝐜𝐞̀𝐬 𝐚̀ 𝐥’𝐚𝐯𝐨𝐫𝐭𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭. Dans les arènes internationales, certains termes ont disparu des résolutions onusiennes. En Europe, Nextwave a révélé des financements de 1,2 Mds € sur 5 ans pour des acteurs anti-droits des femmes.
➡️ La diplomatie féministe consiste à former de nouvelles alliances, créer des coalitions internationales et financer les organisations féministes.
4️⃣ 𝐋𝐞 𝐜𝐲𝐛𝐞𝐫𝐞𝐬𝐩𝐚𝐜𝐞 : 𝐮𝐧 𝐧𝐨𝐮𝐯𝐞𝐚𝐮 𝐜𝐡𝐚𝐦𝐩 𝐝𝐞 𝐛𝐚𝐭𝐚𝐢𝐥𝐥𝐞
Le numérique est devenu un espace central d’attaque contre les femmes :
Cyberharcèlement, slut-shaming, grossophobie, diffusion d’images non consenties, deepfakes pornographiques à bas coût
Les cibles ? Des adolescentes, mais aussi des femmes politiques, des journalistes, des militantes ou des personnalités publiques.
Avec l’IA, la production de violence numérique explose. Les plateformes agissent peu, encouragées par des politiques nationales laxistes.
➡️ La diplomatie féministe doit donc aussi réguler, légiférer, et défendre les victimes dans ce nouvel espace globalisé. L’Europe a ouvert la voie avec le Digital Services Act (DSA), mais il reste beaucoup à faire.


